Regardez ce qu’un Massage peut faire pour les Personnes Cassées par la Rue

Un toucher ? Un soin ? Un massage ? Un contact humain.

MICHAEL MONNIER

L’oeil brillant. Les cheveux en bataille. Il attend son tour.

Son corps en peine. Meurtri par la rue. Par les années. Par par le froid.

MICHAEL MONNIER

Comme plusieurs autres personnes en situation d’itinérance.

Le temps d’une matinée. De quelques heures. Au Refuge de la Maison du Père.

MICHAEL MONNIER

Il attend qu’une main bénévole soulage ses douleurs. Au Spa de la Rue.

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Il retire soigneusement ses effets personnels.

“Vous pouvez poser votre téléphone ici”, conseille une massothérapeute.

MICHAEL MONNIER

“N’hésitez pas à laisser votre petit sac sous la table”, insiste une autre bénévole. 

“Ce sera plus facile de vous détendre ainsi.”

Avec un brin d’anxiété, ils se posent. Ils se déposent.

Ils se séparent de toutes leurs propriétés. Le temps d’une relâche.

MICHAEL MONNIER

Un gros sac à dos. Quelques sachets. Un portefeuille trop gros.

“Des soins énergétiques, Ça vous tente ?”

“Je n’ai jamais fait ça, mais pourquoi pas”, murmure un homme avec un petit sourire amusé.

MICHAEL MONNIER

“Un soin de pied ? Un massage suédois ?”

Lorsque certains s’endorment lentement. D’autres se confient.

“Un massage californien ? Un soin d’ostéopathie ?”

MICHAEL MONNIER

Les étudiants passionnés en massothérapie se relaient.

“Un massage shiatsu ? taï ?”

Des professionnels confirmés guident les nouveaux.

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“J’ai vu un homme avec les doigts croches. Tellement croches, raconte Gérard Piquemal, créateur du Spa de la Rue. C’était pendant ma pause, dans un tout petit parc excentré d’une station de ski huppée à proximité de Montréal. Je donnais des soins à des personnes très riches. Je recevais de gros pourboires. Et là, je ne savais pas s’il était itinérant. Mais il en avait besoin. Plus qu’un autre. Je l’ai juste massé. C’est de là que tout est parti.”

MICHAEL MONNIER

La tête dans un coussin de coton. Les regards s’illuminent. Des sourires s’esquissent.

Par une vielle douleur qui peut se permettre de refaire surface.

MICHAEL MONNIER

Par une vielle douleur qui peut se permettre de disparaitre un temps.

“L’itinérance, ça peut toucher tout le monde, insiste Gérard. Ici on croise aussi des anciens avocats. Des ex-hommes d’affaire. Toutes sortes de professions libérales. Il ne faut pas croire. Le rythme fou. Des drogues qu’on ne peut plus payer. Une séparation qui se passe mal. Un emploi que l’on perd. Un jour, on décroche. Le lendemain, c’est la rue.”

MICHAEL MONNIER




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glisse

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