Embrasser contre l’Homophobie

Sébastien et Simon se sont embrassés.

Ils se sont fait insulter. Battre. Agresser.

À Montréal. Un samedi soir. Fin avril.

Dans la rue. Dans un bar.

KISS-IN AGAINST HOMOPHOBIA LESBOPHOBIA TRANSPHOBIA LOVE Photoreport MICHAEL MONNIER

Sébastien et Simon.

Pour dénoncer. Pour revendiquer un droit.

Montréal s’est réuni sur une place.

Pour s’embrasser. Pour démontrer.

« Qu’être amoureux n’est pas un crime. »

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« On est ici pour toutes les personnes qui subissent des agressions ou des commentaires ou des simples regards dus à leur orientation sexuelle. »

« On ne se laissera pas intimider, on fait juste s’aimer, c’est tout. On ne fait rien d’autre, raconte Sébastien, ému, les larmes aux yeux. Toutes les personnes qui ont eu des agressions qui se sont senties agressées ou insultées : N’hésitez pas, parlez ! Vous n’êtes pas tous seuls. »

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« On est pas là juste ici pour contrer l’homophobie, mais aussi la lesbophobie, la transphobie, le genrisme. On est ici pour s’aimer puis ça fini là, rajoute Simon, déterminé. On envoie chier ces homophobes-là, lesbophobes-là puis tous les autres. »

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« On devrait avoir tous les droits. Pourtant des gens pensent avoir des droits sur nous. Sur nos corps. Qu’ils ont le droit de jouer à la police du comportement ! De la nature. Puis même de l’amour. »

« Qu’est-ce qu’ils ont fait Simon et Sébastien au juste ? Ils se sont embrassés. »

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« À quoi pense-t-on quand on embrasse une personne qu’on aime ? Peut-être qu’elle vient de dire quelque chose de vraiment adorable, puis que ça nous a soulevé la poitrine. Puis on l’embrasse parce qu’on a rien d’autre à répondre. »

« Peut être qu’on l’embrasse parce qu’on lui a fait de la peine puis qu’on voudrait s’excuser encore, mais ça fait déjà 50 fois qu’on l’embrasse. Alors on l’embrasse une autre fois. »

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« Parfois on embrasse parce qu’on est fatigué. Parce que la personne qu’on aime s’en va pour longtemps ou juste pour quelques minutes. On l’embrasse parce qu’elle est là. Que ça fait tellement du bien. Puis, oui des fois on l’embrasse parce qu’on la désire. Puis parce qu’elle nous désire aussi. »

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« Mais à la fin juste avant que ça se passe on pense à ses lèvres. On colle ses lèvres sur les siennes pour mettre pause sur le monde. Puis juste penser à ses lèvres. »

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« Fait qu’à quoi ils ont pensé Simon et Sébastien en s’embrassant ? Je ne le sais pas. Mais j’aimerais ça que les gens arrêtent de se poser la question. Surtout s’ils pensent qu’ils se sont fait agresser parce qu’ils s’embrassaient. Non. Ils se sont fait agresser parce que leurs agresseurs ont décidé que c’était leur droit de les agresser. »

« Il faut que les agressions homophobes puis la peur des agressions homophobes s’arrêtent ici parce que l’amour c’est déjà assez terrifiant. Ce ne serait pas pire d’avoir juste ça à gérer. »

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